Catégories:  Entretien, La UNE

Zaidi Djerrah, président de l’association « Ikhoulaf » : « Il faut beaucoup de suivi et d’attention pour arriver à une entente entre les parents et leurs enfants en difficulté »

samedi 26 mai 2012 à 06:58   ·   3 Commentaires - Patager sur : Votre Facebook - Votre Twitter - Email cet article

Entretien avec Zaidi Djerrah, président de l’association « Ikhoulaf » des enfants victimes de divorce

Quand et dans quelles conditions l’association  Ikhoulaf  a été créée ?

L’association est créée le 14 aout 2006 à l’issue d’une réunion des membres fondateurs qui sont tous issus des parents séparés, à Akbou. On avait constaté, d’abord assez de cas de séparations conjugales. Du coup, on a pensé à ces enfants issus des divorces ou ceux qui sont en voie de l’être a cause des conflits auxquels certains parents sont confrontés, que les enfants trouvent du mal à comprendre. Et puis une fois le divorce est proclamé, ces enfants seront malheureusement jetés à la charge de la société qui, hélas ne les comprend pas. Par conséquent, on a décidé de créer cette association pour venir en aide à cette frange de la société.

Quels les véritables défis de votre association et peut-on savoir le rôle majeur qu’elle joue dans la société ?

L’objectif spécifique d’Ikhoulaf est de promouvoir les droits de l’enfant issu des séparations conjugales. En plus, il y a, tout de même, des actions qu’on mène et qui contribue, d’une façon ou d’une autre, au bienêtre de l’enfant. Soit-il adolescent ou enfant en difficulté familiale, on fait appel à ses parents pour en discuter. Le fait de les réunir (parent et enfant) autour de l’intérêt de la famille, leur donne l’occasion de se mieux connaitre et surtout mettre au courant les parents des préoccupations et de l’intérêt de l’enfant. Surtout, on explique aux parents divorcés les devoirs et les droits de leurs enfants malgré la séparation. Donc, on fait là, un travail d’orientation au profit de l’enfant et de la famille en général. Notre rôle est de faire un trait d’union entre ces enfants et leurs proches. On faisait, en premier temps des compagnes d’information et de sensibilisation sur les problèmes de divorce, ses difficultés et ses conséquences. Ensuite, vient le rôle des organismes de l’état de garantir forcément le droit à la santé, à un bon traitement de l’enfant.

Ces multiples actions que vous menez, trouvent-elles d’écho auprès des familles concernées ?

Absolument, on reçoit beaucoup de familles qui viennent demander notre aide ainsi que des enfants en difficulté qui parlent ouvertement de leurs problèmes. Ils veulent savoir leur droit et leur devoir vis-à-vis de leur situation. Et puis, on les encadre et on les oriente par le biais de l’association par tous ses moyens ou on fait appel à des cabinets d’avocats, aux psychologues. En gros, il y a pas mal de familles et d’enfants qui ont bénéficié de l’apport de l’association notamment sur le plan psychologique et juridique.

Avez-vous le nombre des enfants ou des familles qui souffrent des affres du divorce ?

Selon l’ONS (l’office national des statistiques), il y a pas moins de 167 000 cas de divorce enregistrés ces derniers temps qui est un chiffre énorme et en augmentation constante. D’après nos estimations, un enfant au minimum serait victime d’un seul divorce. Dans ce cas, le nombre des enfants que nous avons recensés et qui sont en difficulté dans la région d’Akbou est de 162 enfants dont 96 adolescents (âgés entre 11 ans et 19 ans). Il y a également le chiffre des enfants issus du divorce communiqué par la cour de Béjaia en 2007 et pour  Akbou seulement, on a enregistré 92 enfants.

Comment vous débrouillez-vous sur le plan financier ? Y a –t-il des subventions de la part des pouvoirs publics ?

On a bénéficié de subventions de l’APC d’Akbou, je crois une fois, en 2004. On reçoit, également les subventions de l’APW chaque année y compris l’année en cours. Nous recevons aussi des cotisations des membres de l’association et surtout on est aidé aussi par plusieurs donateurs anonymes.

Travaillez-vous avec d’autres associations?

L’association travaille avec d’autres associations, notamment celles qui œuvrent pour l’enfance et la famille. On réalise des concours avec ces associations à l’échelle nationale et locale. On organise ainsi des événements en commun avec des sujets sur l’enfant et tout ce qui revient à son aisance et sa protection.

Vous avez parlé de la difficulté des enfants de parler de leurs problèmes, quel est, justement le rôle de l’association là-dessus ?

Lorsque l’enfant trouve l’occasion de parler, il parle. Par exemple, il existe au sein de l’association des psychologues ainsi que des stagiaires venus de l’université de Béjaia. Ils viennent en aide à ces enfants en difficulté familiale ou qui ont des problèmes personnels. On les écoute attentivement lorsqu’ils parlent. Devant un psychologue, l’enfant se débarrasse de sa peur et il s’exprime ouvertement. Il y a, également des problèmes dont l’enfant ne comprenne pas les conséquences à savoir les problèmes de l’école et l’abandon des études. Le manque de communication avec l’un de ces parents, là est l’handicap qu’on essaye, à travers l’association de résoudre. D’ailleurs, il faut beaucoup de suivi et d’attention pour arriver à une entente entre les parents et leur enfant en difficulté.

Quels sont les problèmes que vous rencontrez dans votre travail ?

Il faut rappeler que l’association ne peut pas substituer à l’état. Elle fait juste le travail d’observation, d’analyse avec les moyens du bord, notamment avec l’aide des bénévoles. Le local où nous travaillons, n’arrange plus nos activités, il est très étroit. Il y a, aussi ce manque de soutien des pouvoirs publics à nos actions notamment de les comprendre au moment opportun. Ce  désintéressement des autorités au travail de l’association, l’empêche d’avoir la voix qui lui revient. Nos moyens sont également très limités sachant que nos actions sont principalement liées aux foyers, aux enfants et à la société. Donc, elles sont basées sur les déplacements et le repérage qui demandent assez de moyens.

A l’occasion de la journée mondiale de l’enfant le 01 juin, préparez-vous un programme pour le célébrer ?

Pour cette année, on a envisagé de reculer un peu la date de la célébration à cause des examens de la fin d’année. Comme on travaille avec beaucoup d’enfants qui seront en périodes d’examens, on a décidé d’entamer notre programme à partir de 29 juin jusqu’à 05 juillet. On a concocté pour l’occasion un programme riche et varié. Plusieurs enfants y participeront dans des festivités diverses. Il y aura des activités sportives, culturelles, scientifiques, audiovisuelles ainsi que de la musique, poésie, théâtre, peinture, une caravane et un déguisement des enfants.

 

Propos recueillis par Menad Chalal

Tags:  , , , , , ,

Par

Commentaires (3)


Comments are closed.

Espace PUB

Commentaires récents