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« Aux urnes citoyens ! »

samedi 17 décembre 2011 à 16:13   ·   0 Commentaires - Patager sur : Votre Facebook - Votre Twitter - Email cet article

L’avalanche de réformes politiques initiées par le gouvernement avec un délai d’application en un temps record ainsi que la sortie médiatique du président Abdelaziz Bouteflika, à Laghouat porte un message clair, pour de nombreux observateurs : « Aux urnes citoyens avant que d’autres s’en mêlent! »

En effet, la précampagne pour les législatives prévues pour 2012 a déjà commencé pour un certain nombre de partis, en l’occurrence ceux du gouvernement, le FLN, le RND et le MSP. Les hommes du président ont bel et bien reçu le message bien avant le reste de la République, comme à l’accoutumée.

A l’exception du président de AHD 54 qui a appelé à des élections législatives anticipées, les partis de l’opposition algérienne n’ont, jusque-là émis aucun vœu de participation ni diffusé de stratégies pour faire partie de la course des législatives.

Bien que, nous assistons à quelques soubresauts au sein de certaines organisations politiques telles le RCD et le FFS, ces partis n’ont, pas jugé utile, toutefois d’annoncer leur participation aux prochaines législatives. Le conseil national du parti de Said Sadi s’est réuni en session extraordinaire, le vendredi 16 décembre à Alger sans pour autant profiter de l’occasion pour annoncer sa stratégie ou confirmer sa participation aux prochaines élections.

Le Front des Forces Socialistes, a pour sa part entamé une véritable restructuration du parti. L’historique Hocine Ait Ahmed a nommé le 30 novembre passé Ali Laskri au poste de  premier secrétaire du parti à la place de Karim Tabou. Les anciens cadres sont aussi réintégré au sein du parti, à savoir les deux anciens premiers secrétaires, Ahmed Djeddai et Djoudi Mammeri et l’ancien membre du Conseil national, Ali Lemdani, ainsi que les anciens députés Dalila Taleb et Ikhlef Bouaichi, pour ne citer que ceux-la. Serait-ce un signe de la volonté du parti de reconquérir pleinement la scène politique nationale et en finir avec prés d’une quinzaine d’années de boycott des législatives ? Le parti d’Ait Ahmed n’a pas pris le soin de confirmer sa participation aux prochaines élections se contentant d’exprimer sa volonté de changement pacifique par le biais du premier secrétaire Ali Laskri.

Le Parti des Travailleurs de Louisa Hanoune qui a signé un contrat avec le Rassemblement national démocratique (RND) est, pour le moment occupé à défendre son choix contre le secrétaire général du FLN qui voit d’un mauvais œil cette connivence avec l’un des partis de l’Alliance présidentielle. Préoccupée par sa guéguerre avec le FLN, le parti « qui dit ce qui il fait et fait ce qu’il dit » n’a même pas pris le soin d’actualiser la page d’accueil de son site internet qui date de février 2009. Peut être aussi que Louiza Hanoune ne croit pas aux nouvelles technologies.

Quand aux partis islamistes qui semblent les plus optimistes pour les législatives de 2012, vu le succès des partis de la même idéologie dans les pays voisins comme le Maroc et la Tunisie, ils semblent plutôt chercher à se doter d’une alliance qui leur garantirait un taux majoritaire aux prochaines élections. Le MSP d’Abouguerra Soltani s’est contenté, jusque-là de jouer aux opposants lors des votes de l’APN sur les projets de loi relatives à l’information, aux associations et aux partis politiques. Envisage-t-il de s’allier avec un autre parti de la mouvance islamiste pour assurer la course aux élections ? Pourquoi pas avec Abdallah Djaballah, le fondateur des partis islamistes NAHDA puis Al islah dans les années quatre-vingt-dix, qui a annoncé juillet dernier la création de son nouveau parti politique, le Front pour la justice et le développement (FJD) ? En tous cas, si il existe a un parti politique qui sera agrée avant les élections de 2012, ca sera bien celui de Djaballah.

Par ailleurs,  même avec la participation de tous les partis politiques algériens aux prochaines législatives, la réussite du scrutin ne sera complète qu’avec la participation de ce que l’on appelle, encore en Algérie « la majorité silencieuse ». Car après les décennies noires qu’a traversées l’Algérie, les innombrables mascarades politiques déguisées en élections présidentielles et après les événements tragiques du printemps 2001 où pour la première fois, toute une région, à savoir la Kabylie s’est démarquée, dans un mouvement de révolte de tous les partis politiques, le défi de réunir, encore cette importante frange de la société algérienne au prochain scrutin sera des plus difficiles.

Sans oublier le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie qui a pu absorber une partie de la jeunesse de cette région désabusée. Le MAK reste campé sur ses positions, pilotant ses membres de l’autre côté de la Méditerranée sans exprimer aucune stratégie claire pour faire face aux rebondissements politiques, à l’intérieur du pays.

Touchée dans sa chair et son âme durant le printemps noir 2001 et qui ne cesse de subir les fléaux sociaux les plus destructifs comme la corruption, l’abus de pouvoir des administrations et institutions d’état ainsi que l’insécurité, la région de Kabylie résiste tant qu’elle peut. Toutefois, elle continue de constituer le talon d’Achille du pouvoir algérien. En six mois, trois bavures militaires, à l’encontre des citoyens ont été perpétrées à Tizi Ouzou.

Une chose est sure, sans garanties réelles pour la tenue d’élections libres et démocratiques et une volonté sincère d’aller vers un changement radical, « la majorité silencieuse » n’ira pas aux élections.

 

Farid Ikken

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