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La caravane médicale à Ath Ksila, une réussite pour les organisateurs

dimanche 18 décembre 2011 à 19:25   ·   2 Commentaires - Patager sur : Votre Facebook - Votre Twitter - Email cet article

L’association des amis de la faculté  de médecine de Béjaïa, a organisé, hier, sa troisième caravane médicale  dans la région de  Djebla, à Beni Ksila pour assurer des consultations  gratuites au profit des habitants  de cette commune. Une réussite totale pour les organisateurs vu la grande affluence des habitants de la localité venus profiter d’une consultation gratuite.

Le président de l'Association des amis de la faculté de médecine, M. Mokhtar Bouchefa en compagnie du P/APC de Beni Ksila et les medecins bénévoles ainsi que les representants d'associations. Photo: Sihem Bousmar

La caravane médicale  a été marquée par la participation des médecins généralistes et spécialistes  et aussi la présence  d’une trentaine d’étudiants de la faculté de médecine de l’université  Abderrahmane Mira  avec  la contribution  d’autres associations comme l’Association  des stomisés de Béjaïa  , l’Association des diabétiques de Béjaïa ,l’Association des donneurs de sang et,  et en fin le Croissant Rouge de Béjaïa.

La caravane médicale a connu  une grande affluence  des habitants de tous les  villages limitrophes, qui ont exprimé leur énorme satisfaction. Le président de l’APC , Hanoune Ferhat  nous a expliqué son travail de sensibilisation auprès de la population pour joindre  cette caravane, en  réunissant tous les chefs de villages  et les associations  , ainsi que de mettre en disposition  de cette opération les moyens de transport nécessaires; 3 voitures et  5 bus , pour les villages éloignés de  25 à 30 kilomètres du CEM que la caravane médicale a choisi comme lieu pour son opération.

De leur part, l’Association  des amis de la faculté de Médecine de Béjaïa, a aussi consacré tous ses efforts  pour se déplacer et mettre en place ses dispositifs afin d’offrir un espace médical convenable pour les visiteurs. Plusieurs salles sont ainsi consacrées à différentes spécialités, une salle d’orientation et  une autre pour  distribution des médicaments  et le dépistage des diabétiques.

Les médicaments qui sont distribués  gratuitement aux malades, sont offerts par une douzaine de  pharmaciens de Béjaïa : «  Nous avons fait le tri des produits que nous avons recueillis auprès des pharmacies appartenant au Croissant Rouge. La distribution des médicaments est effectuée sur une ordonnance délivrée après une  consultation médicale  auprès des médecins bénévoles », indique  M. Djabri un pharmacien d’Aoukas.

Dans ce sillage, un  chirurgien orthopédiste du CHU de Béjaïa, et maitre-assistant de l’université de Béjaïa a tenu à souligner le rôle des pharmaciens bénévoles  qui ont contribué à regagner la confiance des gens envers les structures  de santé.

Les étudiants en médecine qui ont pris part à cette caravane ont aussi prouvé leur bonne volonté  et engagement, dans cette action de rapprochement avec les populations des villages d’Ath Ksila. Dans une ambiance très conviviale, ils ont apporté leur assistance pour aider les malades de la région, encadrés par les médecins de la caravane. Melle Hamitouche  Katia, étudiante  en 3émé année médecine  et présidente du Club scientifique de la faculté de médecine est l’une des heureuses élues qui ont fait partie de la caravane médicale.   Elle n’a pas caché son enthousiasme et sa satisfaction de pouvoir participer à cette initiative:

« C’est une belle expérience humaine et une expérience professionnelle pour nous les étudiants. Nous sommes encadrés par des  médecins professionnels et des chirurgiens. Les gens sont très  contents et je suis moi même ravie de voir un tel sérieux », confie-t-elle.

Le docteur  Bouchefa, le présidant de l’Association des amis de la faculté de médecine de Béjaïa , nous a  révélé que le  programme de la caravane  médicale est  plus humanitaire que pédagogique, en essayant d’aller vers les habitants pour pouvoir  les soigner et dépister des maladies, tout en offrant aux étudiants en médecine une opportunité d’être sur le terrain:

« On a eu le plaisir d’organiser deux caravanes, à Tifra (Sidi Aich) et Boukhlifa  l’année dernière qui ont été de belles aventures et de belles histoires. Nous inscrivons, en général   deux caravanes par  an car, c’est quand même  difficile à préparer. Il s’agit de déplacements, il faut faire participer un peu tout le monde, les gens de la région sans oublier la participation des autres associations aussi », affirme-t-il.

D’après M. Bouchefa, les raisons principales qui ont amené l’Association à choisir Djebla comme lieu de la caravane pour cette fois, c’est la beauté de la région et surtout parce que c’est une région peu médicalisée. Seulement deux médecins  généralistes  activent à Djebla qui se compose d’une vingtaine de petits  villages.  Ce qui est  très insuffisant, constate M. Bouchefa.

Cette action humanitaire a pour objectifs de soigner les malades et permettre aux habitants des villages éloignés de profiter des consultations des médecins de la caravane au lieu de se déplacer  à Bejaïa, une fois par an.  C’est aussi dans un but de sensibilisation sur certaines maladies, en particulier le diabète avec la participation de l’Association des diabétiques. Un dépistage de diabète et de l’hypertension est effectué sur place, selon M. Bouchefa:

« Sans oublier le travail d’information consistant a répondre aux questions des  habitants et des patients sur différents problèmes de santé ;  diabète, hypertension et des moyens contraceptifs, avec la gynécologue et la sage femme  qui nous accompagne », a indiqué M. Bouchefa.

M. Bouchefa en compagnie de M. Fatah Bouhmila. Photo: Sihem Bousmar

 

Selon un médecin présent sur place, originaire de Djebla, la région commence  a peine à sortir de l’enclavement  qu’elle connaît. C’est une région très mal médicalisée avec un centre de santé sans personnel médical et paramédical appropriés  pour une prise en charge correcte :

« Nous disposons d’un médecin généraliste  pour une population estimée à environs 5000 habitants.  Les moyens d’investigation  alimentaire, comme une prise sanguine, ou une radiologie n’existe pas. Il y a un fauteuil dentaire et un dentiste qui ne peut venir a bout de toutes les pathologies dentaires », déclare t-il.

Pour lui, cette caravane est une grande bénédiction pour les habitants de ces localités mais loin d’être une solution complète vu la périodicité limitée de la caravane. La seule manière de régler  ces problèmes  c’est de doter cette structure de personnel médical et paramédical et de petits moyens d’investigation qui sont a la portée de toutes les polycliniques. Il évoque également la nécessité  d’ouvrir  une maternité pour les habitants de la région  afin de leur éviter de se déplacer jusqu’à Béjaïa ou à Sidi Aich pour un accouchement.

Le président de l’APC de la commune Béni Ksila (Ath Ksila) a  été parmi les premiers intervenants à prendre la parole dés l’arrivée de la caravane à la commune.  En présence de tous les médecins et les étudiants ainsi que les autres participants , il a tenu à saluer les membres de l’association qui l’a remerciés  pour leur travail bénévole et humain   dans toutes les communes de la wilaya : « C’est un geste considérable et honorable pour la population isolée  et  je souhaité une longue vie à cette association pour  quelle participe dans d’autres initiatives », déclare M. Ferhat Hanoune avant d’étaler, à son tour les difficultés de la localité dans le secteur de la santé :

« Au niveau de la commune de Béni Ksila, nous possédons une policlinique, et deux salles de soins.  Par apport à la superficie de la wilaya, on est la deuxième commune après Ighil Ali.  Il nous faut deux polycliniques et  6 salles de soin  au minimum, pour faire face au besoin de notre population en matière de soin et c’est ce que nous avons proposé », a-t-il déclaré.

Le P/APC de Beni Ksila a évoqué aussi le problème du transfert des malades liés au manque de moyens sur place :

« La majorité des malades  nous les transférons vers Azzefoune, la commune de Béjaïa  et Sidi Aich  pour une urgence médicale, au minimum à 60 kilomètres de la commune. Aujourd’hui, avec cette caravane  qui nous a vraiment aidé  nous avons pu observer l’importante affluence des habitants. Je croie que nous avons battu le record  en comparaison avec les deux premières caravanes  de Tifra et Boukhlifa », constate M. Hanoune.

Quelques uns des habitants de Beni Ksila venus pour des consultations. Photo: Sihem Bousmar.

Selon un des jeunes habitants de Djebla, cette région est loin d’être riche sur tous les niveaux. Les habitants souffrent de manque de moyens médicaux surtout au niveau des urgences sans oublier le manque des moyens de transport qui reste un obstacle sérieux :

« Nous ne possédons pas d’hôpital ni de moyens pour se déplacer dans des cas urgents et graves. D’ailleurs, je souffre moi-même de maux au niveau du nez pendant une certaine période et je n’ai pas encore vu de médecin. Donc, je profite de cette caravane pour voir un médecin et voir mon état de santé par rapport au problème que j’ai ; si cela nécessite de me déplacer à Béjaïa pour me soigner », déclare-t-il.

Fatah Bouhmila, l’ancien président de l’Association des amis de la faculté de médecine de Béjaïa, présent aussi sur place a profité de l’occasion pour parler des problèmes des cancéreux au niveau de la wilaya de Béjaïa. Le manque de médicaments et de centres de chimiothérapie ainsi que le manque d’orientation pour les malades du cancer restent encore une réalité dans notre wilaya. A cet effet, M. Bouhmila a tenu à nous parler de l’association Ibadréne, de Blida qui a existé depuis 10 ans et qui aide les patients qui viennent se soigner à Blida.

Les cancéreux de Béjaïa sont pris en charge  au niveau du service d’oncologie  d’Oued Amizour, et de Tizi Ouzou, mais ces centres ne font pas de radiothérapie qui est réalisée au CPMC de Blida. Cette association aide des  patients qui viennent se soigner à Blida. Le président de cette association a émis le vœu de voir la création d’une association similaire à Béjaïa pour l’orientation des malades. Une idée très intéressante, selon notre interlocuteur. Il reste cependant à trouver des gens engagés pour créer et s’occuper de cette association au niveau local.

 

Sihem Bousmar

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