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Cadres de l’agriculture ou fonctionnaires de seconde zone?

mercredi 09 novembre 2011 à 19:56   ·   0 Commentaires - Patager sur : Votre Facebook - Votre Twitter - Email cet article

La relance de l’agriculture qui anime les volontés au sein de l’Etat depuis notamment l’avènement de la politique de Renouveau agricole et rural risque de passer à côté des objectifs assignés au secteur.


Outre les quelques opérations ponctuelles qui ont ciblé beaucoup plus le développement des productions animales et végétales, la régulation ou le renforcement de l’approvisionnement du marché en produits de large consommation, qui d’ailleurs s’effectue souvent à travers la multiplication des contrats d’importation, les plans d’action conçus pour la canalisation des financements faramineux alloués à l’agriculture occultent vraisemblablement un volet stratégique du processus de développement imprimé au secteur. Il s’agit de la ressource humaine que les économies développées considèrent parmi les facteurs-clés de développement.
Dans le cas de l’agriculture algérienne, les préoccupations socioprofessionnelles des travailleurs et cadres du secteur sont reléguées tout simplement à un rang inférieur.
A l’exception des exploitants et autres propriétaires de terres dont le cas a été régulièrement évoqué à travers le débat sur la préservation des revenus des agriculteurs, les difficultés liées au niveau des salaires, le régime indemnitaire ou les conditions de travail des fonctionnaires du secteur sont rarement évoquées.
Il a fallu attendre le mouvement de protestation auquel a appelé le syndicat du secteur affilié au SNAPAP au mois d’octobre dernier pour que l’opinion publique se rende compte du marasme socioprofessionnel dans lequel se débattent les cadres et travailleurs de l’administration du secteur agricole.
Pire encore, la grève en question a révélé une sorte de ségrégation pratiquée à l’encontre des cadres de l’agriculture sur l’échiquier de la fonction publique.

Ingénieur à 23 000 DA

Comment expliquer, sinon, le maintien des barèmes de rémunération des fonctionnaires de l’agriculture à des niveaux inchangés depuis des années sans actualisation, (selon les syndicalistes), alors que leurs collègues des autres administrations et secteurs, ont bénéficié d’augmentations successives ces derniers mois qui ont dépassé les 70% pour certains corps.
Cette politique de « deux poids, deux mesures » reflète clairement la vision étroite que les responsables au sein de l’Etat ont du développement de l’agriculture.
Interrogé sur ce point, un jeune ingénieur agronome a été gêné d’avouer qu’avec son niveau, sa rémunération ne dépasse pas les 23000 DA/mois. Il vient d’ailleurs de claquer la porte d’un « prestigieux » institut spécialisé dans les productions végétales pour exprimer sa déception et aller tenter sa chance sous d’autres cieux, moins cléments -peut être- mais plus reconnaissants.
Pourtant, nul ne peut ignorer le rôle primordial que jouent les cadres au sein des organismes affiliés au secteur dans l’aboutissement de la politique agricole.
Dans ces conditions, les chances de réussite du programme conçu pour la relance du secteur s’amenuisent même avec le fameux budget quinquennal de…1 000 milliards de dinars.
Or, la meilleure issue pour la réhabilitation des cadres de l’agriculture passe inévitablement par l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles suivie d’une sorte de plan de charges prônant l’obligation de résultats.

Analye de Mohamed Naïli, journaliste au service Economie du quotidien El Watan

Posté le 4 novembre 2011 par Mohamed Naïli dans Paysans d’Algérie.

Suivez toutes les analyses économiques de Mohamed Naïli sur son blog : paysansdalgerie.wordpress.com

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